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Aymon premier. Un romanais généralissime

Scandale à la cour du « Roi Soleil ».

 …le Romanais Etienne AYMON,

porte-manteau ordinaire de

Louis XIV, fonda avec le Gascon TORSAC…

 le régiment de LA CALOTTE dont il devint le GENERALISSIME !...

 SES ARMOIRIES :pièce regiment la calotte

UNE LUNE D’ARCENT, PAR OPPOSITION

AU SOLEIL D’OR DU GRAND ROI !...

« C’EST REGNER QUE DE SAVOIR RIRE… »

Telle fut la devise d’un Romanais qui scandalisa la cour du Roi Louis XIV, à Versailles, à laquelle il était attaché au titre du porte-manteau ordinaire du Roi Soleil.

  le romanais Aymon EtienneAymon Etienne, Isidore, Théophile dit Gacon, était le fils d’André Aymon porte-manteau du Roi,  anobli par lettres de juin 1661, après avoir était marchand à Romans.

Etienne Aymon succéda à son père dans sa charge et devint généralissime du « Régiment de la Calotte ».

 

Le Régiment de la Calotte

 C’était une institution burlesque fondée en 1702 par quelques jeunes officiers et courtisans pour protester contre la morgue et la tristesse qui régnait alors dans la société de Versailles et formée de tous ceux qui avaient la tête légère, de tous les viveurs renommés.

On dit aussi qu’au lendemain de bombasses fameuses, Etienne AYMON et un exempt des gardes du corps appelé TORSAC se plaignirent d’avoir la tête lourde

(effet des libations !) déclarèrent sentir sur leur tête une sorte de calotte de plomb paralysant leurs facultés mentales du moment.

Le régiment de la calotte naquit en 1702. Il avait alors pour chef de corps le romanais AYMON, pour orateur Alexis PIRON (poète français né à Dijon) pour aumônier l’abbé Desfontaines. Les abbés Gascon et Magon, les poètes Roy et Grecourt en faisaient partie.

La marche du régiment de la Calotte

Il eût, ce régiment, ses armoiries :Armes du régiment de la Calotte.

« Une lune d’argent, par opposition au soleil d’or du grand Roi, et une calotte à grelots, souvenir de MOMUS (dieu de la raillerie, du sarcasme, de la folie plaisante…). Il prit pour devise : « C’est régner que de savoir rire » et encore : « Favet Momus luna influit ».

 

 Des brevets furent délivrés à une foule de personnages promus d’office à divers grades. Généralement rédigés en vers, ces brevets énonçaient les motifs de la promotion, fustigeant en termes satiriques et souvent d’une crudité toute pironnienne  les défauts ou les aventures scandaleuses des récipiendaires.

BrevetDeMinistre

Personne n’était épargné… et les calotistes savaient se montrer très irrévérencieux, comme ce brevet des latrines!

BrevetDesLatrines

Le Régent Louis XV, les cardinaux Dubois et Fleury, Voltaire lui-même eurent leur brevet, tous plus ou moins irrévérencieux.

Brevet de chef des Coquettes

De par le Dieu porte marotte

Nous généraux de la Calotte

apprenant de la Dame Denom

Se moquant du qu'en dirat-on

au désespoir d'entendre dire

que Louis quinze notre Sire

Du beau sexe fait peu de cas

et qu'il prend ses plus doux ébats

aux festins, aux jeux, à la chasse,

était venue avec audace.

(suite hors illustration en regard)

l'offrir à toute la Cour

pour lui montrer le jeu d'amour

etc...

L'intégrale des brevets du régiment de la Calotte peut être lue en cliquant sur l'icône PDF

brevetLouisXV

Voici un passage d’un brevet de greffier de ce régiment où se trouve le nom d’Aymon :

« Au pardessus lui faison don

« De notre calotte de plomb,

« De finette en-dedans fourrée

« Et de notre grand sceau timbrée

« Avec les grelots de laitons.

« Signé : Torsac et Moy Aymon.

 

Entaché d’aristocratie...

 Au 18e siècle, la Calotte se transforma en une institution purement militaire, une sort de conseil de famille composé des plus anciens lieutenants de chaque régiment et chargé de juger les questions d’honneur entre officiers.

En 1782, Bonaparte alors lieutenant d’artillerie fit le règlement de la calotte pour son régiment…

Par la suite, on donna le nom de chef de la calotte à l’ancien qui présidait la table d’officiers au mess.

Ce tribunal officieux fut supprimé à la Révolution, comme entaché d’aristocratie…

 Le Roi a ri !

 Un scandale ? Oui. Mais joyeux celui-ci. Le roi aimait à s’entretenir avec les deux grands chefs du régiment. Il s’amusait de leur esprit. Un jour il demanda à Aymon s’il enrégimentait les doctes membres de l’académie française ? « Certainement pas, répondit le généralissime »

« Pourquoi, demanda le roi ?... »

« Mais Sire, parce que si on leur ôtait la réputation, il ne leur resterait rien. »

Et encore :

« Quand ferez-vous défiler votre régiment ? » demanda le roi :

« Jamais Sire »…

« Et pourquoi donc ? »…

« Parce qu’il n’y aurait personne pour le voir passer… »

 

Malgré la hardiesse de la réponse qui embrigadait le roi lui-même Louis XIV daigna sourire pour cette drôlerie.

 Aymon Etienne, Isidore, Théodore dit Gascon (fils d’André marchand, acheta une charge de porte-manteau ordinaire su roi et obtint par la suite des lettres d’anoblissement)…Il se marie en 1765 avec une veuve : Marguerite Michel. Petite fille de Guigues, bourgeois, mariée à François à François Saunier, fille d’un notaire et secrétaire de la ville de Romans. Il appartenait à la 2è branche (sur trois) des Aymon en tête de laquelle figure Jean ministre protestant et écrivain que l’on accusa d’avoir « voler des manuscrits ».

 Le généralissime est mort, sans postérité, en 1731 âgé de plus de 80 ans.

Il fut inhumé en l’église St-Nicolas à Romans où ses cendres se trouvent encore sans doute enfouies dans le caveau où – comme l’Impartial l’annonça et fut plagié par un jeune journaliste ! -se trouvent les restes de Béatrix de Hongrie.

Le nom d’Etienne Aymon se voyait en cette église sur une dalle funéraire.

 

Telle est l’histoire de ce contestataire digne fils de Romans où il a toujours fait bon vivre. Il y a encore des gens qui savent rire à Romans.

 


 Pour en savoir plus sur Aymon premier, généralissime du Régiment de la Calotte:

Sur le site Les baroqueux: Le Régiment de la calotte ou les éclats fantasques des officiers du Grand Siècle.

Sur le site Open Edition Journals: Hôtel de Nointel. Watteau-Audran : sous le signe de Momus

Sur le site Persée:

Sur Wikipedia: Régiment de la Calotte.

La CalotteEt surtout la «bible» en la matière, le livre de Léon Hennet, «Le Régiment de la Calotte» publié en 1886 dont on trouve des ré-éditions récentes. Mais la Sauvegarde du patrimoine a réussi à le dénicher et vous offre la version numérique de l'édition originale sur Gallica: Le Régiment de la Calotte.

Également sur Gallica:

 
 
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