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SPRP  -   1 rue des Clercs  -   26100 Romans sur Isère.    Réunion au local le mercredi à 17 heures.

1952 : le collège de Romans

Le 02 décembre 2020

La une de l’Impartial titrait :

1083/Tènement Jourdan : c’est fini ?

Le 12 avril 1952

La une de l’Impartial titrait :

Le collège de Romans Ou l’esplanade du Vercors
Le Collège de Romans sera reconstruit prochainement sur son ancien emplacement. Ainsi en ont décidé les autorités légales. L’esplanade incomparable qui a surgi des ruines de l’ancien bâtiment va donc disparaître. Cette vue unique sur la chaîne du Vercors n’aura été qu’un mirage… Ainsi pensent ceux qui (la mort dans l’âme, semble-t-il) ont dû prendre une telle décision… décision acceptée à contre-cœur par l’ensemble de la population. Un tel projet nous intéresse tous… mais il ne faut pas oublier qu’il intéressera bien d’avantage les générations futures. Les municipalités doivent certes, penser à l’immédiat. Mais leur mérite est bien moins grand lorsqu’elles allient au présent les exigences de l’avenir. Nul ne fut plus critiqué que le Préfet de la Seine, Haussmann, lorsqu’il fit mettre à exécution les audacieux projets d’embellissements de la capitale. Depuis, on n’a cessé de faire l’éloge de sa hardiesse et son renom d’administrateur est connu dans le monde entier. Il avait vu « grand ». L’avenir lui a donné raison. Les travaux de reconstruction du Collège ne sont pas commencés. Il est donc encore temps de surseoir, si la découverte est faite d’une solution plus heureuse, plus conforme aux besoins et à l’agrément de la ville. Dans ce but, nous allons exposer, pour nos lecteurs, les raisons qui militent en faveur de la construction du Collège sur un nouvel emplacement et celles qui motivent la décision actuelle. Les suggestions suivantes ont été recueillies tant auprès de parents d’élèves, que de personnes autorisées et même auprès des auteurs du projet actuel. Il ne s’agit donc pas d’un seul son de cloche.

Lettre du 14 mars 1952, à M. le Maire, par le Syndicat d’Initiative :

Monsieur le Maire,

Depuis que le déblaiement des ruines du Collège a donné toute sa valeur à cet emplacement unique, nous recevons à chaque instant des doléances de Romanais, insistant pour qu’on fasse là un jardin public.
Des remarques quotidiennes nous sont faites, soulignant qu’un jardin public en cet endroit embellirait Romans au même titre que le Champ-de-Mars de Valence, placé face à Crussol, embellit notre chef-lieu.
On nous fait observer aussi que notre ville, vraiment trop privée de jardins, a là une occasion, qui ne se retrouvera jamais, d’en établir un qui donnerait un cadre de toute beauté aux loisirs de nos concitoyens.
Il y a lieu aussi de penser que les touristes s’arrêteraient forcément devant l’attrait d’un tel panorama. Enfin, grâce à ce jardin, notre boulevard formerait une esplanade incomparable.
Sans doute, on peut objecter qu’il faudrait refaire les plans du Collège ! Mais nous avons les architectes qui sont capables de faire des choses plus difficiles en un laps de temps record…

… / …

Ce qui, actuellement, peu encore faciliter l’accomplissement de ce vœu, c’est d’avoir pour le Collège le grand terrain de la Pierrotte.
Enfin, Monsieur le Maire, nous croyons devoir vous transmettre ce souhait, dont la réalisation apporterait au public romanais un si grand avantage et qui, sur cette esplanade, donnerait à Romans une allure de grande ville.
Voulez-vous Monsieur le Maire, croire à l’expression de nos sentiments distingués.

Article du 24 septembre 1951, du Dauphiné Libéré :

…Nous n’avons pu que regretter, pour la ville de Romans et la jouissance esthétique de ses habitants, la non adoption de la proposition faite jadis au Conseil Municipal de transformer cet emplacement en un parc, alors que d’autres terrains immenses étaient, et sont encore réservés pour l’installation d’une Cité Universitaire où le Collège aurait trouvé facilement et économiquement sa place…

… / …

… Un peu de beauté dans une ville est une chose estimable qui intéresse peut-être les adultes encore plus que les enfants. Elle enchante aussi les visiteurs étrangers qui viennent l’admirer.

 Si le projet actuel est poursuivi, nous aurons un collège moderne, certes, mais sans envergure voulue par la ville. Ami lecteur, allez sur place, par beau temps, et devant cette vue splendide, imaginez de longs murs percés de fenêtres, murs austères et hostiles comme le sont ceux de tous les collèges… avec impossibilité d’agrandissement (les anciens bâtiments étaient déjà trop à l’étroit !

Imaginez aussi, à cette place, un jardin public surplombant le futur parc de la Garenne, relié par de larges escaliers escaladant le boulevard Voltaire, comme ceux qui, à Valence, enjambent l’avenue des Balives, et dites-nous si la comparaison ne serait pas flatteuse pour nous, Romanais ?

Le geste criminel accompli par les nazis avant leur départ de Romans aurait eu une heureuse répercussion en laissant dans notre ville industrielle, une oasis de lumière, d’air, un site de méditation face au pittoresque Vercors. 

Il aurait permis la création d’un centre universitaire ajoutant à notre cité un fleuron de plus à sa couronne et une nouvelle activité profitable au commerce local…

… / ...

Quant à l’avenir de nos enfants, de nos petits enfants et arrières petits enfants, nous regretterons en 1952 que Romans n’aie pas eu son baron Haussmann.

L’Impartial du 17 mai 1952 :

Le Collège de Romans ne se construira pas sur son ancien emplacement. Telle est la conviction de tous les Romanais… même de ceux qui, dans un but louable, avaient cru bon de faire abstraction des lois de l’urbanisme moderne pour « aller vite », sans tenir compte de l’esthétique, pas plus que des possibilités d’agrandissement pour l’avenir…

La construction du Collège se fera donc, vraisemblablement, sur un autre terrain, plus vaste et mieux approprié à recevoir des bâtiments de cette importance. Des questions financières ont fait surseoir le commencement des travaux… Ce qui laisse le soin de mûrir leur décision et de choisir un autre terrain… pour se ranger du côté de la logique et du bon sens…

Les farouches partisans du projet, à réaliser à tout prix et immédiatement, firent, alors courir le bruit que les campagnes menées contre sa réalisation, avaient pour seul but d’y faire construire… une école libre ! Ce qui fait écrire par « Les Frères Jacques », dans l’Impartial du 24 mai 1952 :

Construire une école, libre ou pas libre, sur le boulevard Gambetta, serait, évidement une ineptie.

L’Impartial du 24 mai 1952 :

Mardi 20 mai, une délégation de l’Association des Parents des Elèves, accompagnée par le maire de Romans, a été reçue à la Préfecture, par M. Perreau-Pradier, auquel elle a fait part de son désir de reconstruire le Collège sur son ancien emplacement. Cette délégation été composée de MM. P…, C…, V… et de Mme B… (pas un seul Romanais !).

« Après le départ de cette délégation de la Préfecture, nous avons pu mesurer les difficultés rencontrées, pour faire rentrer l’argent nécessaire au financement des travaux… Il est encore temps de réfléchir. 

L’Impartial du 31 mai 1952 :

« Dans le but de faire construire rapidement le Collège, la municipalité avait accepté la solution la plus simple. Malgré cette facilité, les travaux n’ont pu être entrepris comme prévu et la rentrée d’octobre 1953 ne pourra se faire dans les nouveaux locaux. Devant ce nouvel état de fait, notre Conseil municipal aurait pu, aurait dû envisager à nouveau la question et ne pas écouter les intérêts particuliers, en l’occurrence si préjudiciables à l’intérêt général… »

Depuis le 1er octobre 1953, les travaux ont débuté…

Le Collège se trouvait, autrefois, place de l’Hôtel-de-Ville, dans les bâtiments de la Mairie…Avant de construire un nouveau Collège les autorités de l’époque avaient recherché un terrain en dehors de l’agglomération, afin que les élèves vivent au grand air. En choisissant l’avenue Gambetta, ils ne pouvaient prévoir que la place d’Armes d’alors, serait, vers 1950, le centre de Romans. A cette époque, nos édiles voyaient « plus grand que ceux de 1952…»

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