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Jeudi 18 septembre 1878…L. Gambetta à Romans (3 et fin)

                                                                                                                                

                                                   

 

Article tiré du Lyon Républicain

Dépêches de Nuit par fil télégraphique spécial

Echo de la journée d’hier

Romans, 18 septembre, 8h15 soir.

Discours

de

Léon Gambetta

Sténographie spéciale du Lyon Républicain.

       
 

            « Messieurs,

Il y a sept ans nous ouvrions, dans ce pays, une campagne de propagation, une campagne de démonstration au lendemain des désastres sans nom qu’avaient attirés sur nous, à la fois - il ne faut jamais l’oublier, le despotisme d’un seul, mais aussi la défaillance de tous - La France, désemparée, sans guide, sans ressource, sans aucun de ces leviers puissants qui, à un moment donné, permettent de soulever le monde, la France s’était livrée, je ne dirai pas au désespoir, mais à l’abandon d’elle-même.(Sensation). Elle avait nommé, vous n’oublierez pas dans quelles terribles épreuves, dans quelles angoisses, d’incertitude et au milieu de quel trouble, une assemblée qui ne ressemblait qu’à l’ancien régime, mais non pas à la France!(Bravos).

Aussitôt réunie, cette Assemblée manifesta les sentiments qui l’agitaient. Elle fit part à la France épouvantée, de conceptions politiques qui avaient la prétention de la ramener presque un siècle en arrière. Mais ce jour-là, la France comprit la faute qu’elle avait faite. Elle se remit dans la vraie ligne de la tradition, et, dès le mois de mai 1871, dès le mois de juillet 1871, la France protesta, par ses élections municipales et partielles, de son ferme dessein de mettre un terme au mandat de l’Assemblée nationale.

…/…« Ce jour-là, Messieurs, M.Thiers prononça un mot que nous recueillîmes : il  dit : « La France est livrée aux partis ; ils sont déchaînés les uns contre les autres ; ils sont inexorables, impitoyables pour elle. Savez-vous quel est celui qui finira par triompher et qui gouvernera ? Ce sera le plus juste et le plus sage (Bravos.) »

… / … « L’armée doit être la première préoccupation des hommes politiques du parti républicain…Cette armée, expression fidèle de la Patrie ne doit plus servir que l’honneur et l’indépendance. Nous sommes partisans résolus de tenir l’armée hors de toute politique au dessus de la ligne des partis… (Applaudissements.)

…/…« Je dis Messieurs que le devoir de l’État est de faire respecter toutes les religions, d’appliquer les lois et de supprimer les faveurs. Si on appliquait toutes les lois au clergé, tout rentrerait dans l’ordre en France… (Applaudissements.)

…/…« Parlons maintenant de l’éducation publique. Il faut que tous les pouvoirs publics concourent à faire de la France le pays le plus instruit, le plus progressant, le plus artiste de toutes les nations. (Bravos prolongés.)

Il faut que le rayon prestigieux de la science pénètre les cervelles les plus tendres. Il faut changer la formule des connaissances enseignées, changer les programmes, etc…

Je parle pour les deux sexes sans distinction : filles et garçons ont besoin d’être unis par le même esprit avant d’être dans le cœur. (Applaudissements.)

Je veux des écoles professionnelles à côté de l’instruction primaire. Je veux que l’instruction secondaire et l’enseignement supérieur soient donnés exclusivement par l’Etat. »

…/… « Dans un pays où il y a 24 millions de propriétaires, il y a des problèmes intéressants pour l’agriculture et le commerce. Il faut que le gouvernement s’occupe des canaux, des chemins de fer, etc… Il faut créer la liberté commerciale.

D’autres viendront après nous qui feront davantage : l’amélioration du sort des employés, le dégrèvement des impôts. »

…/…« Nos adversaires s’épuisent à forger des candidatures à la présidentielle future ; laissons-les s’épuiser. Les républicains savent qu’il n’y aura à ce sujet dissentiment entre eux. (Triple salve d’applaudissements. Cris : Vive Gambetta ! Vive la République !) »

       
 
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Des applaudissements, des cris de Vive Gambetta, Vive la République, soulignent la fin de ce magnifique discours.

Après cette réunion, Léon Gambetta, épuisé par son admirable discours, n’a pu assister au banquet offert par la municipalité.

Ce banquet a eu lieu sans incident. De nombreux toasts ont été portés.

La place des Cordeliers avait été gracieusement décorée pour une fête du soir.

En face de l’hôtel-de-ville, dont chaque fenêtre était pavoisée, se dressait une estrade toute parée de tentures, de guirlandes, de feuillage, de drapeaux tricolores.

Sur un arceau, à l’entrée, on lisait en lettres d’or : Gambetta.

Les initiales R.F. sont également inscrites en lettres d’or à côté du nom de Gambetta.

Pendant la soirée, la Fanfare romanaise et la société chorale ont donné un concert brillant. Foule immense.

Ces mêmes sociétés ont offert un punch à Gambetta, au conseil municipal, aux sénateurs, aux députés et à tous les amis qui l’accompagnaient

Pierre Valin

La Sauvegarde du Patrimoine Romanais et Péageois

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