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          Combe Laval Jusqu’au milieu du XIXe siècle, il était impossible de se rendre dans le Vercors en voiture, seuls les piétons et les cavaliers pouvaient y accéder. C’est dire l’intérêt que présente la construction des deux principales routes qui permettent aujourd’hui de gagner le massif du Vercors et de la forêt de Lente par la route des Grands Goulets et celle de Combe-Laval.

          Pour communiquer avec le Royans et la vallée de la Bourne il y avait certes deux anciens sentiers ou chemins muletiers :
L’un partant de Saint-Martin, franchissait le pas de l’Allier situé à plus de 1200 mètres d’altitude, et se dirigeait ensuite sur le flanc ouest de la montagne, vers Chatelus et Pont-en-Royans. On pouvait aussi atteindre ce pas de l’Allier directement d’Echevis par un sentier d’ailleurs fort scabreux. C’est par ce chemin que, pendant des siècles, les bois du Vercors furent acheminés vers la plaine du Royans.
           L’autre chemin dont l’Abbé Fillet a trouvé trace dès 1318, remontait le cours de la Vernaison depuis St Eulalie, tantôt sur une rive, tantôt sur l’autre et, comme les rochers sont très rapprochés, il fallait passer dans le lit du torrent en sautant sur les gros blocs arrachés de la montagne. Finalement, la gorge se resserre encore et l’on ne pouvait franchir les rochers qu’au moyen de deux perches assemblées et jetées d’un bloc à l’autre, et d’une échelle sommaire.

         Le Conseil Général de la Drôme comprit que dans ces conditions le développement économique de cette région était fortement compromis et, en 1834, appela l’attention du Gouvernement sur ce problème. M. Epailly, ingénieur en chef du département, proposa officiellement l’ouverture d’une route passant par les goulets et la vallée d’Echevis ; M.Bernard, agent-voyer chef du département, fit les premières études sur le terrain. L’adjudication eut lieu en 1844, les travaux commencèrent peu après et durèrent 7 ans, extrêmement durs, la route fut livrée à la circulation à la fin de 1851.
Quelques années plus tard, une autre voie d’accès, non moins belle et non moins audacieuse, s’établissait au prix des mêmes difficultés : la  route de Combe-Laval. Contrairement à la précédente, cette route  n’était pas destinée à desservir une vallée peuplée, il est curieux de constater que cette immense forêt de Lente, 5000 hectares, n’a jamais connu une installation durable des hommes. Avant la révolution, elle appartenait à la Chartreuse de Bouvante ; au XVIIIe siècle, les moines décidèrent d’exploiter les mines de fer qui se trouvaient dans le voisinage et eurent besoin de beaucoup de bois pour alimenter le haut-fourneau et les martinets qu’ils construisirent alors. Un système de câbles fut d’abord installé (au col de la machine) pour descendre les arbres, mais il était assez précaire et, quelques années avant la révolution, les moines se décidèrent à construire un chemin qui, partant de St Laurent  (le pont des Chartreux) gravissait le flanc Est de l’Echarasson. Deux tunnels durent être creusés (les tunnels des moines).
Jusqu’en 1870, cette route de Laval fut la seule à desservir la forêt de Lente. Ce n’est qu’en 1868, en effet, que l’administration des Eaux et Forêts entreprit la construction d’une véritable route permettant d’exploiter la forêt de Lente, devenue forêt domaniale en 1791. Cette route évitait encore les à-pics de Combe-Laval et se dirigeait vers Lente par le sommet de la montagne qu’elle franchissait au col de l’Echarasson. Mais elle présentait encore de gros inconvénients, et, en 1890, la construction d’une nouvelle route fut décidée, les travaux durèrent cinq ans, la route de Combe-Laval fut achevée en 1897. Elle devint la départementale 76 en 1936, les Eaux et Forêts l’ayant cédée aux Ponts et Chaussées qui firent alors de gros travaux d’amélioration.

                Société archéologique de la Drôme 09/1965                                                         Jean Bouvier

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